L’alchimiste
(Janvier 2008)
Le mot que je préfère pour caractériser la réalisation est celui d’ « alchimie » . François Truffaut parlait de « mayonnaise ». Il disait que pour faire un film, il fallait réunir des éléments différents comme de l’huile ou des œufs mais qu’on ne savait jamais d’avance si la sauce allait prendre ou pas. C’est un peu la même idée. Mais au tour de main du cuisinier, je préfère celui de l’alchimiste car le mot me paraît plus mystérieux, plus technique et plus poétique à la fois, plus risqué aussi, ouvrant la porte à tous les possibles, toutes les incertitudes, tous les aléas, toutes les contraintes et leurs frustrations, toutes les humanités, mêlant l’esprit à la matière quels que soient le support, la modestie ou l’ambition du sujet.
Cent fois sur le métier, j’aurais aimé remettre mon ouvrage.
J’ai finalement peu tourné, faute d’argent.
Je n’ai jamais voulu être marginal, je l’ai souvent été, malgré moi.
J’ai longtemps pensé que la vidéo m’offrirait plus de liberté, plus d’indépendance… J’en reste impatient.
Les plus beaux films sont paraît il ceux que l’on a rêvés.
Au départ, le cinéma fut sans doute une affaire de désir, d’érotisme, mais ça n’a pas tenu bien longtemps ce genre de niaiseries. La question est très vite devenue celle de la durée, de l’endurance. « Je suis une mouette ».
J’ai parfois poussé la bonne porte au bon moment.
Avec toujours au fond de moi ce désir adolescent :
- "Quelque part sur la route, il y aura des filles
Quelque part sur ma route, je trouverai de l’or »
L’alchimiste n’a pas obligation de construire des cathédrales ou faire voler des avions, même s’il cherche toujours à fabriquer ce qu’il lui semble être de beaux objets, aussi modestes soient ils, pour moi des films vivants, humains, chargés de sentiments réels, d’émotions vraies, de vérités justes, de sourires et de larmes, et ce dans un cadre donné, à un moment donné, dans une logique donnée. |
La femme à abattre
(Février 2008)
Ce fut à la fois un échec public, critique et financier. Tout le monde m’est tombé dessus à cause du titre et je ne sais combien de fois j’ai lu ou entendu : « N’est pas Raoul Walsh qui veut !». Et dire que l’on m’avait convaincu que ça serait là un argument publicitaire. Là pourtant n’était pas le propos et il ne s’agissait nullement d’un remake. D’ailleurs, on n’en aurait rien dit, personne n’en aurait rien su .
Mon propos était de tenter d’illustrer par le polar le sentiment amoureux, à la façon d’un suspense classique, c’est à dire selon une dramaturgie classique. C’était audacieux, trop sans doute. Personne n’a remarqué l’incroyable audace de ce film, tant sur le fond que sur la forme. C’est peut-être un film raté mais je l’aime beaucoup. Je l’ai tourné à l’énergie, une idée par plan, une prise par plan. Cela a donné à contrario un faux rythme qui m’exaspère encore aujourd’hui. J’ai manqué de plans. Mais je trouve que le film garde malgré tout quelque chose de touchant, je ne saurai dire pourquoi. Il ne vieillit pas si mal et, avec le temps, véhicule curieusement quelque chose de sage, quelque chose, comment dire, de littéraire, comme un désir de cinéma .
Je reste néanmoins marqué par cet échec.
Beaucoup plus tard, j’ai bien cru refaire un film dans la même veine.
C’était cette fois une allégorie sur la mort, tenter d’illustrer par le polar la difficulté du deuil, la peur de la mort, à la façon d’un suspense. J’avais réuni un casting si prestigieux que j’avais de bonnes raisons d’y croire. Mais j’ai dû manquer d’énergie à un moment ou à un autre, peut-être à cause de la douleur même du sujet, et finalement l’affaire a capoté, comme tant d’autres.
Je reste néanmoins persuadé que le polar est un très bon vecteur cinématographique pour exprimer autre chose que le seul suspense policier.
Aujourd’hui, je suis plus attiré par la comédie.
Alerte VOD
Si j’ai effectivement vendu mon film « La Femme à Abattre » à un distributeur de dvd (KVP), je ne l’ai en revanche jamais vendu à aucun distributeur de vod. Par Vod, on entend la vidéo à la demande, c’est à dire la location des films sur internet. J’attire l’attention des internautes sur le fait que toute location ou chargement de ce film est illégale et se fait à mon préjudice. Je cherche pour l’heure à résoudre le problème à l’amiable.
Je me réserve le droit de solliciter la justice. |
Ze Blues
(Février 2008)
J’ai été initié au blues par le revival anglais des années 70. Curieusement , je l’aime toujours alors que je me suis un peu détaché du rock ou du jazz quand je n’en sens plus la racine originelle. Je regrette son déclin ou sa marginalité. C’est une musique simple, basique, douze mesures, une note après l’autre, et c’est tout. Mais c’est bien dans cette simplicité là qu’est le tout. Il y a sans doute des niveaux dans l’art, mais bien malheureux celui qui hiérarchise ces niveaux. Mon goût est peut-être la conséquence de mon éducation catholique. Le blues est la musique du pêcheur, celui qui ne sait pas aimer et qui en souffre, celui qui se tient hors de l’église et de la société et qui en souffre. Il y a là quelque chose d’existentiel à l’heure où triomphent les bons sentiments des gens épatants qui communiquent des trucs épatants à des gens épatants. Les bons chrétiens ou les bons citoyens ne pêchent pas. Ils vont à l’église ou à la mairie le dimanche pour prier, pour voter ou pour s’insurger. Ils prétendent savoir aimer. Ils se disent innocents des contrariétés du monde. Le rock est profane, révolté, et dénonce l’hypocrisie du bon chrétien ou du bon citoyen. Mais le rock revendique la même innocence. Le jazz est devenu une musique sophistiquée, un truc pour prof mélomane.
Le blues est une musique de cancre.
Le blues est le chant de celui qui veut vivre et aimer la vie mais n’y arrive pas, celui qui n’est aimable ni pour lui ni pour les autres, celui qui est maltraité et maltraite . C’est le chant du mal aimé qui veut aimer, le chant de l’esclave qui veut briser les chaînes, jouir sans entrave et taper du pied mais erre sans cesse dans une quête improbable et frustrante. C’est le chant du désir, du remord et de la faute, la nostalgie de l’ailleurs. Le blues est forcément sincère, solitaire, tragique et véhicule un étrange sentiment de culpabilité. En ce sens, on peut effectivement dire que c’est la musique du diable, non pas comme démon cornu, mais comme tentation de s’affirmer soi même et de croquer la vie plutôt que renoncer à soi même, aux richesses et séductions du monde. Le blues n’est pas complaisance pour le mal, mais souffrance à cause du mal. Le blues, c’est le constat que le renoncement est impossible, inhumain, hypocrite. Celui qui n’a rien souffre de ce rien. Le blues est profondément chrétien, protestant, et force est de constater que biens de ses musiciens n’ont cessé de faire des allers-retours entre l’église et la prison.
Le péché est cafard, l’absence d’amour est cafard.
Le blues, c’est aussi la culture des standards, et c’est un peu triste de la voir devenir au fil du temps une culture de musée pour bourgeois bohèmes.
Le ciel a d’abord pleuré (1) avec Elmore James, le slider, le créateur mythique des années 50, puis avec Luther Allison dans les années 70 qui nous a donné la version la plus sincère, d'une extraordinaire énergie. Luther était un gars généreux, et cela s'entend.
Puis vint la version d'Eric Clapton. Eric aux doigts de fées, le « slow hand », celui dont on disait qu'il ne savait pas chanter, donne une version d'une incroyable sobriété. Rien dans la guitare, tout dans la voix et l'univers sonore. Et c’est d’une tristesse à pleurer. Eric doit être un gars bien triste et cela s’entend.
Puis vint la version de SRV (2). Tout d'un coup, j’ai entendu le blues joué d'une façon moderne, contemporaine (euh, pour les années 80). Non seulement Steevie revisitait les standards en leur donnant un son moderne mais il arrivait à faire pleurer sa guitare, enfin à donner l'illusion qu'elle pleure.
Steevie était un virtuose et cela s'entend.
La façon de jouer un standard révèle une personne, un univers, et cela est vrai de tous les standards.
Mon préféré reste le roi des blues boys lui même (3), et je voue un culte ridicule à sa guitare "Lucille" que je suis capable de reconnaître entre mille. Il est peut-être vieux mais, pour moi, il joue toujours le blues comme j’imagine, Mozart jouait du piano.
Alors joue, Papy, joue…
(1) = The sky is crying
(2)
= Steevie Ray Vaughan
(3)
= BB King
« Je ne suis rien
Je ne serai jamais rien
Je ne peux vouloir être rien
Alors je porte en moi
Tous les rêves du monde »
(Fernando Pesoa, Le Bureau de Tabac) |
Surprise Sur Prise
(Janvier 2008)
Je n’ai jamais aimé la caméra cachée, je suis tombé dedans par hasard, et cela a duré près de dix ans. Le principe même m’a toujours chiffonné. J’avais compté sans le talent des québécois, deux entre eux en particulier, Gilles et Pierre, qui selon moi ont tout apporté au « show », tout inventé, tout créé. Je crois qu’ils ont souffert de leur anonymat, ils ont tort. Le marionnettiste doit rester caché derrière ses marionnettes. Mon premier jour de plateau dans le cinéma, j’ai entendu une voix crier : « il faudrait que quelqu’un apprenne au stagiaire à ne pas se tenir dans les lumières ! » J’ai retenu la leçon. Au cinéma, il y a une frontière entre la lumière et l’ombre, à la télévision, non. La télévision s’intéresse toujours aux coulisses, pour faire plus vrai, paraît-il. Du coup, les coulisses deviennent un spectacle, c’est sans fin. Derrière ses airs de Droopy, Gilles avait un talent phénoménal, une vraie machine à gags. J’ai beaucoup aimé travailler à la conception des gags, leur logistique. J’aimais moins la réalisation, je l’ai d’ailleurs peu fait, je n’aimais pas ça. Il suffisait de couvrir tous les axes sans se faire voir, multiplier les caméras, ne pas faire jouer les acteurs, improviser. Mentir à quelqu’un, tout le monde sait faire… Tout reposait sur le complice, le scénario et la logistique afférente. Nous avions du succès, beaucoup d’argent, c’était agréable. Je n’ai jamais bien compris pourquoi les « brown nose » n’ont cessé de nous pourrir la vie. (Un « brown nose » au Québec, c’est un type qui a le nez dans le cul du patron). A cause des marges, sans doute. Du coup, ce furent les chaises musicales, des guerres de couloir incessantes. Je n’explique pas bien ma longévité, je mélange un peu les saisons. Je crois que la force de Surprise sur Prise reposait sur le fait que c’est très vite devenu une machine. Ca ne reposait pas sur quelqu’un en particulier. Il suffisait de marier la bonne victime au bon scénario, au bon réalisateur, aux bons acteurs, etc... Je crois que c’est la seule solution si on doit fabriquer beaucoup de minutage utile en peu de temps. Cela crée comme une émulation, chacun apporte son savoir faire. Pour moi, l’important, c’était de faire rire. Pour la production, l’important c’était que la victime y croit sans se douter de rien. Faire croire l’incroyable, c’est risqué, mais c’est du gag. Faire croire du plausible peut devenir désolant. On ne s’est jamais bien compris là-dessus. Ce fut même la cause de mon licenciement. Mais bon, le navire commençait sérieusement à sombrer.
NB : Marcel Beliveau n’était pas le patron de Surprise Sur prise en France. Il en était l’inventeur et l’animateur, la vitrine en quelque sorte. Il nous a toujours protégé. Mais son influence s’est peu à peu étiolée au fil des saisons…
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Le cinématographe
(Décembre 2007)
J’ai mis longtemps à comprendre que parler du cinéma, c’est parler de soi. C’était pourtant quelque chose de naturel à mes débuts, auprès des grands noms de la nouvelle vague ou de mes copains de plateau. Mais je ne sais plus si j’ai été formé ou déformé. Certains se souviennent peut-être de l’Afpf (1) et de son combat contre les supermarchés de la culture. La cause fut perdue. Les chaînes de télé ont fait alors main basse sur le cinéma. J’en garde l’impression de m’être trompé d’époque. Je suis arrivé trop tard pour le cinéma indépendant et trop tôt pour la révolution numérique qui ne cesse de s’annoncer. Il m’a fallu faire carrière. Je n’ai jamais cru à la politique des auteurs. J’ai toujours pensé que quel que soit le système, il ne pouvait en être autrement. Sauf que pour moi, c’est un point de départ, pas un point d’arrivée. Je m’exprime, certes, mais pour raconter quoi ? Je n’ai jamais cherché à me raconter moi. C’est plutôt une affaire de style, de ton, de choix, comme l’écrivain décide d’écrire un roman à la première personne du singulier plutôt qu’à la troisième. En France, le réalisateur est en principe l’auteur du film. C’est rarement vrai. C’est un point de vue très élitiste, plutôt littéraire ou alors marginal. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder une série télévisée à personnage récurent. Quel que soit le réalisateur, elles se ressemblent toutes. J’ai fait le nègre jadis pour ce genre de série. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi chaque nouvelle version du scénario devait être pire que la précédente. Je me trompais, le but était bien de gommer toute personnalité afin que cela plaise à la fois à la petite fille, à la maman et à la grand-mère et que si elles zappaient, elles comprendraient quand même l’histoire à leur retour. Il fallait rester consensuel. Il ne faut surtout pas personnaliser si on souhaite toucher le plus grand nombre. J’ai donc appris à me méfier de ma personnalité. Mon premier film était hermétique. Je n’étais pas trop vendeur et je me suis amélioré depuis.
Je crois désormais à la force d’un sujet. J’ai aussi fait des jolies choses. J’ai eu des maîtres (2), j’ai encore des admirations, des enthousiasmes. Certains grands réalisateurs arrivent à imposer leurs personnalités au public. C’est rare et c’est comme une grâce qui leur échappe un peu. Il n’y a pas d’art à priori . Il n’y a que des tentatives. Tout dépend à postériori du regard des autres. Le cinéma n’est pas une science exacte. C’est même souvent du tâtonnement. Il ne faut pas confondre le cinéma et le marketing du cinéma. C’est le marketing qui impose la compétition, les classements, les carrières, la critique, et cela est vrai dans le registre commercial comme dans le registre artistique. Pour ces raisons, je n’aime pas trop les festivals, les hiérarchies, car "c'est différemment que valent les choses" . Mais on ne peut se passer des marchands si l’on souhaite faire les choses plutôt que les commenter. Aujourd’hui, il y a davantage de gens qui entendent parler d’un film que de gens pour le voir. C’est important le marketing, décisif même. Il y a des compétences pour ça. Tous les films sont faits pour le public, quoi qu’on en dise. Le cinéma dépend de son économie.
Mais le cinématographe, c’est le « je ne sais quoi » qui passe entre l’écran et le spectateur et qui vous dit, « viens, je vais te raconter une histoire, à toi que j’espère nombreux». Ce « je ne sais quoi » est le plus souvent le produit d’un système, au mieux d’une personne. Le film le plus insipide exprimera sa vacuité, le plus personnel, une personnalité. Il ne faut pas voir un film avec les yeux d’un juge, il faut se rendre disponible pour basculer dans l’écran. Il faut prendre un risque quand on entre dans une salle, ne pas vouloir jauger une œuvre. Il faut être curieux, se tenir prêt à découvrir un univers, quel que soit le niveau ou le registre de celui-ci. Il faut se laisser porter. Ça n’est pas toujours facile, on n’est pas toujours disponible, ni curieux, ni ouvert. On est parfois rétif. Je ne comprends pas bien les gens qui sortent en vous demandant « et l’acteur, vous l’avez trouvé comment ? » Je me dis que s’ils se posent la question, c’est qu’ils n’ont pas aimé le film, qu’ils ne sont pas entrés dedans. Ils ont vu un acteur, pas un personnage. Un personnage est rarement dans la performance, un acteur oui. Juger un film, c’est parler de soi, de son niveau à soi, de son exigence à soi, de son goût et de son humeur du jour. Tout le monde a fait l’expérience d’adorer un film puis de le revoir des années plus tard en se disant, « mais comment j’ai pu aimer une niaiserie pareille ?». Ou à l’inverse subir un film et le revoir en se disant, « mais comment j’ai pu passer à côté d’une pareille merveille ? » Le cinématographe dépend du spectateur. Il n’y a pas d’objectivité en la matière. Parler du cinéma, c’est parler de soi… Prendre le risque d’entrer dans une salle, c’est tenter de s’oublier soi, de s’ouvrir au monde et son altérité, ses contrariétés, ses bêtises, ses truandages, sa médiocrité, et parfois ses splendeurs, ses rêves, ses joies, ses souffrances, son humanité.
(1) = Anatole Dauman, Philippe Dussart, Louis Duchêne, et les autres…
(2) = Alain Resnais, François Truffaut, Michel Deville, Joel Seria, Paul Vecchiali et les autres
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The hairsheep film project
Le mouton non laineux en Europe
As far as I remember, I like sheeps. Maybe because they enforce men to be peacefull. Maybe because I took care of them when I was a child to my uncles’ place in Gascogne. I am graduate from the sheperds ‘ school in Montmorillon. I don’t know if I’ll get sheeps one day, but I should almost like to make a film about them.
J’ai toujours aimé les moutons. Peut-être parce qu’ils rendent l’homme paisible. Peut-être parce que je les gardais enfant dans les prairies de mes oncles en Gascogne. Je suis diplômé de l’école des bergers de Montmorillon. Je ne sais si j’aurai des moutons un jour mais j’aimerais au moins leur consacrer un film.
The breakdown (from the Nolana Network website)
The breakdown of wool markets in Northern Europe has led to a steady decrease of prices for raw wool. Once highly sought after and valuable, wool has now become more of a troublesome and uneconomic by-product of meat production throughout the region. The high quality fine wool still in demand is imported from other continents, notably Australasia, at prices with which European producers cannot compete. Many European farmers have thus said goodbye to the old double-purpose concept of wool and mutton and have embraced the low cost, high quality mutton only breeds.
L’effondrement de l’industrie lainière
L’effondrement des marchés de la laine en Europe a provoqué la baisse des prix aux producteurs qui ont dû alors se recentrer exclusivement sur les recettes bouchères. La laine est devenue désormais une contrainte et un coût et non plus une recette. Par ailleurs, des laines de très grande qualité sont importées d’Australie ou d’Asie à prix cassés. La plupart des producteurs ovins européens sont aujourd’hui obligés de se concentrer sur la viande, avec des volumes de production de plus en plus gros, des coûts afférents qui doivent être de plus en plus faibles et en conséquence une charge de travail de plus en plus lourde
The Hairsheep revival
All around the world, sheeps’ producers try to solve the wool problem, creating new breeds from the old hairsheep one. Hairsheep means no wool, but instead a smooth coat. The hit of these new breeds is to conform the lambs to the modern meat market. A true hairsheep does not need to be shorn. We will not talk about all the breeds and initiatives around the world in our film (The Katahdin in North America, The Santa-Ines in South America, The Damara in Australia). We will talk only about the breeds available in Europe and we will select 4 topics :
1 - The British Revival
Almost three decades of breeding have led to the highly successful breed « Easy Care », created by the welsh farmer Lolo Owen. It is a small breed, very well adapted to outside breeding systems.
2 - The German Revival
Since the early nineties the woolless Nolana Sheep have been expanding throughout Germany. It is a bigger sheep, adapted to classical or intensiv breeding systems. The Nolana breed is managed by Dr. Rolf Minhorst who try too to federate all the hairsheeps interests in Europe.
3 - The Swiss Revival
Swiss breeders have imported Dorper embryos from South Africa.
The Dorper breed is now succeful in Switzerland.
4 - The French silence
We ‘ll try to understand why France did not take any initiative on the matter. Some hairsheep breeds (as the Meatmaster for exemple) seems to be vey well adapted to arid mediterranean areas. On the same way, we’ll try to understand why the European funds are unfair to the sheep breeders and what could be a political strategy to the future.
La renaissance du mouton non laineux.
Fort de ce constat, les producteurs de moutons, partout à travers le monde, ont cherché à résoudre le problème de la laine, en créant de nouvelles races non laineuses par croisement d’anciennes races locales avec des races bouchères. Le but était de produire des agneaux de boucherie conforme aux volontés modernes du marché mais débarrassé des contraintes de la laine. Le mot « Hairsheep » est difficile à traduire, signifiant littéralement « mouton à poils courts ». Je préfère dire mouton « non laineux », car la laine d’hiver est sensée tombée naturellement au printemps. En fait, il s’agit d’un retour aux sources, l’abondance de la laine étant le plus souvent le résultat de la sélection humaine à travers les siècles. Le mouflon par exemple, ancêtre du mouton, n’a pas de laine du tout, juste un duvet. Un vrai mouton non laineux n’a pas besoin d’être tondu et évite les traitement anti-parasites externes.
Nous ne parlerons pas dans notre film de toutes les initiatives qui se développent à travers le monde : le Katahdin en Amérique du Nord, le Santa-Ines en Amerique du Sud, le Damara en Australie… Nous parlerons seulement des races disponibles en Europe en nous concentrant sur 4 thèmes :
1 - La renaissance Britannique
30 ans d’expérimentations et de croisements entre le Whilshire Horn (non laineux) et la Welsh Mountain (Bouchère) ont conduit le fermier gallois Lolo Owen, basé sur l’ïle d’Anglesey, à la création de la race Easy Care, petit mouton très adapté au plein air intégral et qui se développe depuis lors à travers tout le Royaume-Uni. Lolo Owen ne craint pas d’affirmer que ses moutons « n’ont jamais vu une mangeoire ».
2 - La renaissance Allemande
Le Nolana se développe à travers l’Allemagne depuis les années 90. C’est un mouton plus gros et adapté au système mixte bergerie/plein air. Le projet Nolana est managé par le Dc. Rolf Minhorst qui tente aussi de fédérer tous les intérêts autour du mouton non laineux en Europe.
3 - La renaissance Suisse
Les éleveurs suisses ont importés le Dorper depuis l’Afrique du Sud. Le Dorper est en effet une création Sud Africaine, une « fierté » disent ils, « notre cadeau au monde ». Il est vrai que le Dorper a connu un succès fulgurant, à cause de ses excellentes qualités bouchères et de sa faculté à désaisonner. A l’origine conçu pour les zones arides, c’est un croisement entre la race locale Blackhead Persian et la race bouchère Dorset. Il existe des Dorpers à tête blanche et des Dorpers à tête noires, mais c’est affaire de goût. C’est un mouton qui paraît s’adapter à tous les genres de systèmes. Mais sa laine tombe plus ou moins inégalement.
4 - Le silence Français
Nous essaierons de comprendre pourquoi la France n’a pris aucune initiative en la matière. Des races comme le Meatmaster, par exemple, semblent pourtant très adaptées au climat aride de la Méditerranée. Dans le même esprit, nous tenterons de comprendre pourquoi les subventions de la PAC sont injustes avec les éleveurs de moutons et quelle politique semble se dessiner pour l’avenir. |
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